{"id":7825,"date":"2023-01-30T16:20:28","date_gmt":"2023-01-30T15:20:28","guid":{"rendered":"https:\/\/teilhard.eu\/pubblicazioni\/il-femminile-delle-origini-1\/"},"modified":"2023-02-17T12:57:53","modified_gmt":"2023-02-17T11:57:53","slug":"il-femminile-delle-origini-1","status":"publish","type":"pubblicazioni","link":"https:\/\/teilhard.eu\/fr\/pubblicazioni\/il-femminile-delle-origini-1\/","title":{"rendered":"Le f\u00e9minin des origines"},"content":{"rendered":"<figure style=\"width: 80px\" class=\"wp-caption aligncenter center\"><a href=\"http:\/\/teilhard.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/Il-femminile-delle-origini.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-4304 lazyload\" title=\"Pour t\u00e9l\u00e9charger la version pdf\" src=\"data:image\/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAAAAAP\/\/\/yH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAIBRAA7\" data-src=\"http:\/\/teilhard.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/Simbolo-CSTDC.png\" alt=\"Alpha et Omega\" width=\"80\" height=\"80\"><figcaption class=\"wp-caption-text\"><noscript><img decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-4304 lazyload\" title=\"Pour t\u00e9l\u00e9charger la version pdf\" src=\"http:\/\/teilhard.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/Simbolo-CSTDC.png\" alt=\"Alpha et Omega\" width=\"80\" height=\"80\"><\/noscript><\/a> <a href=\"http:\/\/teilhard.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/Il-femminile-delle-origini.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Pour t\u00e9l\u00e9charger la version pdf<\/a><\/figcaption><\/figure>\n<h3 style=\"text-align: right;\">par Marina Zaoli<\/h3>\n<div style=\"text-align: justify;\">La v\u00e9ritable image du f\u00e9minin originel, qui devient elle-m\u00eame symbolique, et donc repr\u00e9sentative, est peut-\u00eatre un monument sacr\u00e9, grav\u00e9 dans une niche en pierre, situ\u00e9 en Chine, aux fronti\u00e8res du Tibet, dans la r\u00e9gion du Yunnan (yun = nuage, nan = sud). Il repr\u00e9sente une vulve reposant sur une tige de fleur de lotus, et est le symbole de la naissance de la vie. Ce qui accueille, qui contient, qui nourrit, qui lib\u00e8re, qui accompagne, qui fait grandir. Mais avant cela, ce qui cr\u00e9e le d\u00e9sir. La r\u00e9gion o\u00f9 se trouve cette ancienne image sacr\u00e9e est habit\u00e9e par l&#8217;ethnie Bai, l&#8217;une des derni\u00e8res ethnies issues de cultures de type matrilin\u00e9aire, dont il existe encore une, aujourd&#8217;hui, dans la m\u00eame r\u00e9gion, repr\u00e9sent\u00e9e par le peuple Mosuo. Et c&#8217;est un \u00e9v\u00e9nement vraiment pr\u00e9cieux que de pouvoir v\u00e9rifier, pour une derni\u00e8re fois, le souvenir d&#8217;une telle soci\u00e9t\u00e9, disparue il y a des milliers d&#8217;ann\u00e9es. En effet, le tourisme qui y arrive a d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 \u00e0 cr\u00e9er les premi\u00e8res perturbations socio-\u00e9conomiques. En effet, jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, la vie se d\u00e9roulait \u00e0 un rythme tout \u00e0 fait naturel, alors qu&#8217;aujourd&#8217;hui les gens ont commenc\u00e9 \u00e0 louer des chambres, \u00e0 ouvrir de petits restaurants et, in\u00e9vitablement, les zones les plus pittoresques ou les plus proches du lac ont eu plus de succ\u00e8s que les autres.<\/p>\n<p>La raison pour laquelle les Mosuo sont rest\u00e9s une population essentiellement agricole \u00e0 caract\u00e8re matriarcal et matrilin\u00e9aire est due \u00e0 la situation g\u00e9ographique de leur territoire, qui est encapsul\u00e9 dans une zone montagneuse, au bout d&#8217;une route menant au lac Lugu, qui, ce n&#8217;est pas une co\u00efncidence, signifie lac M\u00e8re, et se trouve \u00e0 sept heures de route du village Naxi le plus proche. Les Naxi \u00e9taient \u00e9galement une population matriarcale jusqu&#8217;\u00e0 il y a quelques si\u00e8cles, mais ensuite leur proximit\u00e9 plus grande avec l&#8217;Empire chinois les a forc\u00e9s \u00e0 prendre des caract\u00e9ristiques patriarcales, bien que la situation des noms de famille soit encore tr\u00e8s incertaine et que des d\u00e9rivations matrilin\u00e9aires soient parfois not\u00e9es ou existent encore. Les Mosuos vivent \u00e0 2700 m\u00e8tres d&#8217;altitude sur les contreforts de l&#8217;Himalaya, \u00e0 la fronti\u00e8re du Tibet, et sont toujours rest\u00e9s en marge de ce qui \u00e9tait l&#8217;Empire chinois. Ils vivent de l&#8217;agriculture et de la p\u00eache. C&#8217;est comme s&#8217;ils \u00e9taient rest\u00e9s cristallis\u00e9s dans leur comportement depuis le d\u00e9but de l&#8217;histoire de l&#8217;humanit\u00e9.<\/p>\n<p>L\u00e0-bas, contrairement \u00e0 ce qui se passe dans la plupart des pays non occidentaux, na\u00eetre femme est une b\u00e9n\u00e9diction. Le village, ainsi que chaque famille individuelle, est gouvern\u00e9 par un <em>Dabu <\/em>(une sage femme \u00e2g\u00e9e qui a \u00e9t\u00e9 choisie, parmi les jeunes candidats possibles, par le <em>Dabu<\/em> pr\u00e9c\u00e9dent, pour ses comp\u00e9tences en mati\u00e8re de soins, d&#8217;amour et de gestion du foyer et des jeunes). Parfois, le <em>Dabu<\/em> peut \u00eatre rejoint par un autre <em>Dabu<\/em>, pour maintenir une famille unie, et ils ne se battent pas.<\/p>\n<p>Les enfants qui naissent, g\u00e9n\u00e9ralement deux par femme, mais aussi moins, car leur philosophie est de n&#8217;en avoir qu&#8217;autant qu&#8217;il est possible d&#8217;en prendre soin et de les garder aussi bien que possible, restent pendant les trois premi\u00e8res ann\u00e9es avec leur m\u00e8re, puis sont confi\u00e9s au  <em>Dabu<\/em>le chef de famille, et dormir avec elle, dans sa chambre et dans sa maison.<\/p>\n<p>La m\u00e8re est cependant reconnue comme la m\u00e8re naturelle et toutes les femmes, et plus encore les s\u0153urs de la m\u00e8re, aident \u00e0 la gestion de la famille et aux t\u00e2ches maternelles.<\/p>\n<p>La figure paternelle est repr\u00e9sent\u00e9e par le fr\u00e8re de la m\u00e8re, qui s&#8217;occupe des petits en cas de besoin. Le p\u00e8re naturel n&#8217;est pas consid\u00e9r\u00e9 comme consanguin (il appartient et est uniquement li\u00e9 \u00e0 la famille maternelle), mais il est reconnu par ses enfants, m\u00eame s&#8217;il ne vit pas avec eux. Il continuera toujours \u00e0 vivre dans la maison de sa m\u00e8re, avec ses s\u0153urs et ses enfants, pour lesquels il sera un p\u00e8re.<\/p>\n<p>Lorsqu&#8217;une fille atteint l&#8217;\u00e2ge de 13 ans, elle re\u00e7oit le costume traditionnel et la cl\u00e9 de la &#8220;salle des fleurs&#8221;. \u00c0 partir de maintenant, il peut choisir un amant, l&#8217;amener dans cette pi\u00e8ce tous les soirs et l&#8217;aimer librement. Si le couple devient stable, l&#8217;amant sera pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 la famille et deviendra son partenaire officiel jusqu&#8217;\u00e0 la fin de l&#8217;histoire. En effet, les Mosuo n&#8217;envisagent pas le mariage ou une union durable, car ils estiment que l&#8217;amour est un sentiment trop fragile et pr\u00e9cieux pour \u00eatre ma\u00eetris\u00e9. Mais il y a peut-\u00eatre aussi dans cette coutume un aspect pratique et le fait que l&#8217;on est mieux avec sa m\u00e8re qu&#8217;avec sa belle-m\u00e8re. On pense \u00e0 l&#8217;Inde, o\u00f9 les \u00e9pouses (et les filles) choisies sont emmen\u00e9es dans la maison de leur futur mari d\u00e8s l&#8217;\u00e2ge de 3 ou 4 ans pour \u00eatre \u00e9duqu\u00e9es par sa m\u00e8re dans les diktats de cette famille et les coutumes de cette maison, qui est de toute fa\u00e7on celle dans laquelle elles devront vivre.<\/p>\n<p>La maison mosuo se compose g\u00e9n\u00e9ralement de trois pi\u00e8ces : la principale avec des bancs bas et le foyer toujours allum\u00e9, qui est celui du <em>Dabu<\/em>. C&#8217;est l\u00e0 que l&#8217;on re\u00e7oit les invit\u00e9s et que les jeunes enfants dorment ; il y a ensuite une autre salle pour dormir, et une derni\u00e8re salle, connue sous le nom de &#8221; chambre des myst\u00e8res &#8220;, o\u00f9 l&#8217;on am\u00e8ne les femmes pour accoucher et les personnes \u00e2g\u00e9es pour mourir.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 est impr\u00e9gn\u00e9e de religiosit\u00e9, les femmes prient aussi dans la rue et au travail. Il existe cependant des hommes consacr\u00e9s \u00e0 la pri\u00e8re et une sorte de pr\u00eatre, qui est le chef <em>Dabu<\/em> masculin, qui accomplit les rituels, mais qui est notamment appel\u00e9 \u00e0 \u00e9loigner la sorcellerie et le mauvais \u0153il des femmes.<\/p>\n<p>Dans cette soci\u00e9t\u00e9, il n&#8217;y a, du moins jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, aucune rivalit\u00e9, aucune infid\u00e9lit\u00e9, aucune violence domestique. Il n&#8217;y a pas de possession, tout est partag\u00e9, m\u00eame les hommes, qui ne sont gard\u00e9s que le temps que dure la passion et l&#8217;amour, donc eux aussi sont tr\u00e8s impliqu\u00e9s, et puis on les laisse partir.<\/p>\n<p>Un exemple de ce genre est tr\u00e8s important pour mieux comprendre ce qu&#8217;\u00e9taient les soci\u00e9t\u00e9s humaines au d\u00e9but et comment la figure f\u00e9minine, le f\u00e9minin si bien d\u00e9crit aussi par Teilhard, a ces caract\u00e9ristiques de soin, d&#8217;accueil, d&#8217;amour libre et universel, d&#8217;attraction vers la vie, vers le devenir, vers la cr\u00e9ation, vers Dieu.<\/p>\n<p>&#8220;<em>Lorsqu&#8217;un homme aime une femme, il pense d&#8217;abord que son amour est pour un individu comme lui. Tr\u00e8s vite, cependant, il est pris de court&#8230;.. Il pensait trouver seulement un compagnon proche de lui : au lieu de cela, il se rend compte qu&#8217;en Moi il est en contact avec la grande Force secr\u00e8te, la myst\u00e9rieuse Latence &#8211; qui vient sous cette forme pour l&#8217;entra\u00eener. Celui qui m&#8217;a trouv\u00e9 est au seuil de toutes choses. Non seulement par la m\u00e9diation de sa sensibilit\u00e9, mais par les connexions physiques de ma propre nature, je me prolonge dans l&#8217;\u00e2me du Monde&#8230; Je suis l&#8217;acc\u00e8s au c\u0153ur global de la cr\u00e9ation<\/em>.&#8221; <a id=\"_ftnref1\" href=\"#_ftn1\"><br \/>\n  <sup>[1]<\/sup><br \/>\n<\/a><\/p>\n<p>Les femmes n&#8217;aiment pas seulement un homme, mais plus encore, lorsqu&#8217;elles l&#8217;aiment profond\u00e9ment, elles savent, elles sentent qu&#8217;elles ont le pouvoir de reproduire la vie, leur propre vie dans le temps, et elles d\u00e9sirent le faire au-del\u00e0 de tout. Ils ont le pouvoir de cr\u00e9ation et ils le savent. Ainsi, ils prennent les hommes par la main et dissolvent la peur de l&#8217;inconnu, de se jeter dans une entreprise qui semblerait impossible.<\/p>\n<p>D&#8217;autre part, comment oublier que la mutation g\u00e9n\u00e9tique qui a cr\u00e9\u00e9 le premier hominid\u00e9 \u00e0 partir du singe a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverte en Afrique sur un sp\u00e9cimen f\u00e9minin ?<\/p>\n<p>Black Eve, l&#8217;origine.<\/p>\n<p>Sa d\u00e9couverte, qui date d&#8217;environ 180 \u00e0 200 000 ans, nous raconte l&#8217;histoire d&#8217;un \u00eatre qui a commenc\u00e9 \u00e0 se diff\u00e9rencier d&#8217;une structure physique purement biologique pour devenir un individu dot\u00e9 d&#8217;une capacit\u00e9, m\u00eame initiale, de psychisme. Peut-\u00eatre pas encore compl\u00e8tement, mais il est certain que le changement de messages qui s&#8217;est produit, le passage des signaux visuels et olfactifs de l&#8217;\u0153strus des singes \u00e0 l&#8217;apparition d&#8217;un cycle mensuel de reproduction et d&#8217;un sein permanent, a conduit, bien que lentement, \u00e0 la transformation de la pulsion sexuelle primitive et simple en construction de sentiments, d&#8217;une attraction, non plus seulement chimique, mais d\u00e9coulant de liens de sympathie, d&#8217;affection et d&#8217;amour. Le comportement n&#8217;\u00e9tait plus seulement biologique et &#8220;forc\u00e9&#8221;, mais &#8220;psychologiquement&#8221; ressenti et choisi.<\/p>\n<p><em>&#8220;A travers la vie, j&#8217;ai commenc\u00e9 \u00e0 m&#8217;incarner dans des \u00eatres que j&#8217;ai choisis parce qu&#8217;ils \u00e9taient particuli\u00e8rement \u00e0 mon image.&#8221;<a id=\"_ftnref2\" href=\"#_ftn2\"><sup><strong><sup>[2]<\/sup><\/strong><\/sup><\/a><\/em><\/p>\n<p>La figure f\u00e9minine du d\u00e9but \u00e9tait v\u00e9ritablement l&#8217;origine, se fondant dans la vie elle-m\u00eame. La vie des \u00eatres qui ont peupl\u00e9 la terre, d&#8217;abord, et aussi de toutes les plantes, ensuite. En fait, elle devient aussi la terre-m\u00e8re qui contient en son sein la graine qui m\u00e8ne \u00e0 une nouvelle plante, \u00e0 une nouvelle vie (de Pacha Mama \u00e0 C\u00e9r\u00e8s, etc.).<\/p>\n<p>Si l&#8217;on pense que c&#8217;est \u00e0 partir d&#8217;une femme que toute la population, m\u00e2le et femelle, a \u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9r\u00e9e, que la dur\u00e9e de vie \u00e9tait tr\u00e8s courte, que le lien entre la naissance et les rapports sexuels \u00e9tait inconnu, on peut bien comprendre \u00e0 quel point la magie du corps f\u00e9minin \u00e9tait omnipr\u00e9sente.<\/p>\n<p>Les \u00e9tudes arch\u00e9ologiques indiquent que la soci\u00e9t\u00e9 \u00e9tait \u00e0 l&#8217;origine matriarcale, confirmant que, comme chez les autres mammif\u00e8res, les nouveau-n\u00e9s \u00e9taient pris en charge et passaient une longue p\u00e9riode uniquement, ou principalement, avec leur m\u00e8re (comme nous l&#8217;avons dit, la dur\u00e9e de vie moyenne \u00e9tait tr\u00e8s courte) et que la socialit\u00e9 \u00e9tait extrins\u00e8que au groupe m\u00e8re + prog\u00e9niture : un \u00e9v\u00e9nement qui a destin\u00e9 la figure f\u00e9minine \u00e0 \u00eatre la principale figure de r\u00e9f\u00e9rence pendant de nombreux mill\u00e9naires, m\u00eame dans les images de divinit\u00e9s.<\/p>\n<p>En fait, ce n&#8217;est pas une co\u00efncidence si les premi\u00e8res divinit\u00e9s connues dans l&#8217;histoire de l&#8217;humanit\u00e9 repr\u00e9sentent toujours des d\u00e9esses m\u00e8res partout.<\/p>\n<p>D\u00e9esses m\u00e8res repr\u00e9sent\u00e9es avec des attributs f\u00e9minins bien visibles, d\u00e9esses de l&#8217;accouchement, avec le b\u00e9b\u00e9 \u00e9mergeant entre leurs jambes.<\/p>\n<p>Avant cela, il y avait l&#8217;eau, le brouillard, l&#8217;environnement autour.<\/p>\n<p><em>&#8220;Peu \u00e0 peu, je me suis individualis\u00e9 [&#8230;] \u00e0 mesure que les \u00e2mes deviennent susceptibles d&#8217;une union plus riche, plus profonde, plus spiritualis\u00e9e<\/em>.&#8221;<a id=\"_ftnref3\" href=\"#_ftn3\"><br \/>\n  <sup>[3]<\/sup><br \/>\n<\/a><\/p>\n<p>Au d\u00e9but, il n&#8217;y avait pas encore de conscience r\u00e9elle, il n&#8217;y avait que la pulsion de vie, c&#8217;est-\u00e0-dire le mouvement et la satisfaction des besoins, en l&#8217;absence de toute limite, de toute r\u00e9alit\u00e9. Tout \u00e9tait ind\u00e9termin\u00e9 et indiff\u00e9renci\u00e9, tout pouvait \u00eatre et se transformer en n&#8217;importe quoi.<\/p>\n<p>&#8220;<em>Avant le d\u00e9but de l&#8217;histoire, l&#8217;homme vit dans un \u00e9tat d&#8217;anonymat sans forme [&#8230;] Par cons\u00e9quent, le temps qui pr\u00e9c\u00e8de l&#8217;histoire est l&#8217;ind\u00e9termin\u00e9, le chaos, l&#8217;indiff\u00e9renci\u00e9. Le pendant sur le plan religieux de cette psych\u00e9 amorphe est le numineux ind\u00e9termin\u00e9, le substrat actif primordial, la matrice \u00e0 partir de laquelle se cristalliseront plus tard le &#8216;Divin&#8217; et les dieux.&#8221;  <a id=\"_ftnref4\" href=\"#_ftn4\"><sup><strong><sup>[4]<\/sup><\/strong><\/sup><\/a><\/em><\/p>\n<p>Mais une chose \u00e9tait certaine, ou l&#8217;avait \u00e9t\u00e9 au d\u00e9but de la vie de chacun. Un corps qui accueille, un sein qui nourrit.<\/p>\n<p>La m\u00e8re, la figure f\u00e9minine porte donc en elle la vie, la capacit\u00e9 d&#8217;engendrer, mais aussi la nourriture, donc encore la protection et le salut.<\/p>\n<p>Le lait avait dans les cultures primitives un fort pouvoir de purification, de salut, de renaissance.<\/p>\n<p>En Irlande, dans une zone de culte celtique, deux collines voisines sont appel\u00e9es les &#8220;mamelons d&#8217;Anu&#8221;, en l&#8217;honneur d&#8217;une ancienne m\u00e8re de tous les dieux. Les Celtes v\u00e9n\u00e9raient \u00e9galement des divinit\u00e9s majoritairement f\u00e9minines, et les fondements culturels, notamment l&#8217;art de la m\u00e9decine, de la botanique, de l&#8217;agriculture et de la proph\u00e9tie, \u00e9taient d\u00e9tenus par des femmes.<\/p>\n<p>Le corps f\u00e9minin \u00e9tait magique et sacr\u00e9.<\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, le lait, dans toutes ses nombreuses images, a toujours un sens de la vie.<\/p>\n<p>Jusqu&#8217;\u00e0 r\u00e9cemment, on pouvait encore trouver des documents, m\u00eame dans nos r\u00e9gions, sur la fa\u00e7on dont la culture populaire accordait une valeur thaumaturgique et des propri\u00e9t\u00e9s curatives au lait maternel. Les otites (tr\u00e8s douloureuses) des enfants ont \u00e9t\u00e9 gu\u00e9ries en ins\u00e9rant le lait d&#8217;une femme allaitante dans le conduit auditif.<\/p>\n<p>Dans la culture romaine, il y avait un rituel, appel\u00e9 les Lupercales.<a id=\"_ftnref5\" href=\"#_ftn5\"><br \/>\n  <sup>[5]<\/sup><br \/>\n<\/a> au cours duquel le sang avec lequel le front des jeunes gar\u00e7ons \u00e9tait teint\u00e9 et qui \u00e9tait un symbole de mort, \u00e9tait nettoy\u00e9 avec du lait, qui repr\u00e9sentait au contraire la vie. Nous trouvons \u00e9galement une signification similaire dans le r\u00e9cit d&#8217;un mythe \u00e9gyptien dans lequel c&#8217;est le lait qui gu\u00e9rit magiquement les yeux d&#8217;Horus qui avaient \u00e9t\u00e9 arrach\u00e9s par Seth.<\/p>\n<p>Le sang menstruel, qui est cyclique, est \u00e9galement li\u00e9 \u00e0 la magie du corps f\u00e9minin, comme le lait et l&#8217;eau, et est le seul sang qui repr\u00e9sente la vie et non la mort.<\/p>\n<p>Le ciel rouge de l&#8217;aurore, \u00e9tait visualis\u00e9 par les anciens comme le sang de l&#8217;accouchement pour la naissance du soleil, tout comme le ciel ardent du coucher du soleil avait des significations de renaissance : le disque rouge du soleil se couchait \u00e0 l&#8217;ouest, pour se relever \u00e0 l&#8217;est, le lendemain matin, et le rouge du coucher du soleil, qui \u00e9tait comme le rouge de l&#8217;aurore \u00e9tait une sorte de garantie du retour cyclique.<\/p>\n<p>De m\u00eame, dans les rites fun\u00e9raires et les sacrifices, la couleur pr\u00e9dominante utilis\u00e9e \u00e9tait le rouge qui, repr\u00e9sentant le sang de l&#8217;accouchement, rappelait la vie nouvelle.<\/p>\n<p>L&#8217;eau \u00e9tait \u00e9galement l&#8217;un des symboles les plus puissants accompagnant le f\u00e9minin, probablement l&#8217;arch\u00e9type f\u00e9minin par excellence. L&#8217;eau de l&#8217;accouchement, l&#8217;eau du sac amniotique qui prot\u00e8ge et enveloppe compl\u00e8tement le b\u00e9b\u00e9 et l&#8217;aide \u00e0 na\u00eetre, l&#8217;eau qui \u00e9tanche la soif, comme le lait, qui purifie, qui lave, qui soigne et gu\u00e9rit les blessures. L&#8217;eau et la vapeur, la m\u00e9moire du numineux indiff\u00e9renci\u00e9, de la pr\u00e9-vie, de la pr\u00e9-conscience, du temps de la toute-puissance et du r\u00eave, de la permanence dans le corps accueillant et protecteur de la m\u00e8re.<\/p>\n<p>L&#8217;eau repr\u00e9sente le d\u00e9but, la source primaire, la profondeur de l&#8217;inconscient. C&#8217;est l&#8217;oc\u00e9an primordial ti\u00e8de dans lequel les premi\u00e8res formes de vie ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es. C&#8217;est la profondeur des lacs et des tourbi\u00e8res pr\u00e8s desquels les peuples nordiques effectuaient des sacrifices.<\/p>\n<p>Un autre symbole ancien repr\u00e9sentant le maternel-f\u00e9minin est l&#8217;Uroboros, auquel Jung fait \u00e9galement r\u00e9f\u00e9rence dans ses \u00e9tudes sur le sujet. Il s&#8217;agit d&#8217;une image \u00e9gyptienne repr\u00e9sentant un dragon qui se mord la queue et qui est hermaphrodite et pr\u00e9-sexuel, exactement ce que l&#8217;enfant pense de sa m\u00e8re et du monde dans la premi\u00e8re phase de sa vie. Sa signification est le flux de nourriture. Il n&#8217;y a pas de tensions polaires en son sein, et il n&#8217;y a pas encore de s\u00e9paration en deux sexes. En effet, comme M. <strong>Klein<\/strong> a pu le constater, chaque nouveau-n\u00e9 fait l&#8217;exp\u00e9rience d&#8217;une image de r\u00e9f\u00e9rence initiale similaire : la m\u00e8re contenant le p\u00e8re, incorpor\u00e9 en elle.<\/p>\n<p>Comme il n&#8217;y a pas encore, \u00e0 ce stade de d\u00e9veloppement, de perception de soi, de possibilit\u00e9 d&#8217;enregistrer et de m\u00e9moriser, de diff\u00e9rencier les r\u00e9actions de plaisir et de douleur, ce qui est v\u00e9cu est une forme d&#8217;autarcie et d&#8217;autosuffisance qui frise la toute-puissance et la perfection. Le monde v\u00e9cu dans cette situation est magique, numineux et pl\u00e9romatique, on vit dans un \u00e9tat sans fronti\u00e8re et sans aucune forme de conscience, ce que <strong>Levi-Bruhl<\/strong> a appel\u00e9 la<em>&#8220;mystique de la participation<\/em>&#8220;. Son arch\u00e9type correspond \u00e0 la grande m\u00e8re.<\/p>\n<p>La spirale et le labyrinthe, les anciennes grottes, les cath\u00e9drales cultuelles de la pr\u00e9histoire, repr\u00e9sentent \u00e9galement le corps de la m\u00e8re, un endroit s\u00fbr o\u00f9 se tenir, prier, demander, \u00eatre entendu.<\/p>\n<p>Le f\u00e9minin, donc, a toujours \u00e9t\u00e9, comme il l&#8217;est aujourd&#8217;hui, patient, accueillant, protecteur.<\/p>\n<p>Dans les cas de s\u00e9paration, combien de m\u00e8res prennent soin de leurs enfants et les \u00e9l\u00e8vent, sans les abandonner, par rapport aux p\u00e8res ? Combien y a-t-il de femmes, par rapport aux hommes, qui accueillent une vie qui na\u00eet, toujours, a priori, sans consid\u00e9rer les difficult\u00e9s, sans consid\u00e9rer que c&#8217;est leur corps qui devra supporter et affronter chaque \u00e9v\u00e9nement ?<\/p>\n<p>Dans quelle mesure, dans une situation de cohabitation dans des groupes masculins, par rapport \u00e0 des groupes f\u00e9minins, aurons-nous de forts contrastes, des tergiversations, des actions violentes ?<\/p>\n<p>Il est clair que chaque sexe a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 pour sa propre t\u00e2che sp\u00e9cifique. Les femmes doivent accueillir, nourrir, construire, les hommes d\u00e9fendre, mesurer, agir.<\/p>\n<p><em>&#8220;La femme apporte, \u00e0 heure fixe,<\/em><\/p>\n<p><em>la vie et la mort enferm\u00e9es dans son ventre,<\/em><\/p>\n<p><em>l&#8217;homme les porte indissolublement<\/em><\/p>\n<p><em>attach\u00e9s aux yeux, aux mains et aux bras,<\/em><\/p>\n<p><em>la tribu meurt quand elle ne chasse pas.&#8221;<a id=\"_ftnref6\" href=\"#_ftn6\"><br \/>\n  <sup><br \/>\n    <strong><br \/>\n      <sup>[6]<\/sup><br \/>\n    <\/strong><br \/>\n  <\/sup><br \/>\n<\/a><\/em><\/p>\n<p>Ou, comme le dit le vieil adage : avec une femme, il y a toujours l&#8217;amour, avec un homme, il y a toujours la guerre.<\/p>\n<p>Mais de m\u00eame que la figure maternelle, f\u00e9minine, avait le pouvoir de la vie, de m\u00eame, de mani\u00e8re sp\u00e9culaire, au fur et \u00e0 mesure que le temps passe, elle acquiert, dans l&#8217;imagination humaine qui se forme, le pouvoir de la mort. Une mort essentiellement repr\u00e9sent\u00e9e, v\u00e9cue, dans l&#8217;incapacit\u00e9 du fils \u00e0 s&#8217;identifier, qui craint d&#8217;\u00eatre emprisonn\u00e9, harnach\u00e9 dans sa m\u00e8re, incapable d&#8217;exister de sa propre vie.<\/p>\n<p>On peut rappeler, \u00e0 cet \u00e9gard, une ancienne l\u00e9gende de la mythologie nord-am\u00e9ricaine qui raconte qu&#8217;un chaman, le Vieil Homme, a d&#8217;abord cr\u00e9\u00e9 des animaux \u00e0 partir de boue, puis une femme et un enfant,<a id=\"_ftnref7\" href=\"#_ftn7\"><br \/>\n  <sup>[7]<\/sup><br \/>\n<\/a> mais ne put cr\u00e9er l&#8217;immortalit\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 cause de cette femme. En fait, elle a demand\u00e9 au vieil homme, alors qu&#8217;ils \u00e9taient au bord d&#8217;une rivi\u00e8re, si la vie serait \u00e9ternelle. L&#8217;homme a r\u00e9pondu qu&#8217;il n&#8217;y avait pas encore r\u00e9fl\u00e9chi, mais qu&#8217;il prendrait cette d\u00e9cision apr\u00e8s avoir jet\u00e9 un morceau de bouse dans l&#8217;eau. S&#8217;il avait flott\u00e9, les hommes ne seraient morts que pendant quatre jours, apr\u00e8s quoi ils auraient pu \u00eatre ranim\u00e9s, sinon ils seraient morts pour toujours. La bouse flottait, mais la femme n&#8217;\u00e9tait pas contente et prit une pierre, annon\u00e7ant que si elle coulait, les hommes mourraient, m\u00eame si en mourant ils \u00e9prouveraient de la piti\u00e9, du chagrin et de la compassion les uns pour les autres, et la jeta. La pierre s&#8217;est enfonc\u00e9e et c&#8217;est \u00e0 cause de cela que la femme a \u00e9t\u00e9 bl\u00e2m\u00e9e pour la mort.<\/p>\n<p>On peut tr\u00e8s bien observer, dans ce r\u00e9cit, comment le besoin de s&#8217;autonomiser vis-\u00e0-vis de la m\u00e8re et, plus puissamment encore, des divinit\u00e9s matriarcales, conduit \u00e0 l&#8217;expression de l&#8217;auto-g\u00e9n\u00e9ration masculine. Les hommes, qui n&#8217;avaient jamais pu s&#8217;identifier \u00e0 la cr\u00e9ativit\u00e9 maternelle et f\u00e9minine, et qui devaient en fait ob\u00e9ir, comme des fils, sont maintenant d\u00e9termin\u00e9s \u00e0 prendre le dessus. La transition, cependant, n&#8217;est pas facile, ni indolore, et les dommages constat\u00e9s dans la relation homme-femme sont mis en \u00e9vidence ici, mais surtout le rejet du sentiment d&#8217;impuissance et de soumission dont souffrent les hommes et qui est d\u00fb au fait qu&#8217;ils se sont laiss\u00e9s g\u00e9rer et manipuler par des figures f\u00e9minines, auparavant, tout en leur reprochant d&#8217;avoir \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9s, abandon (maternel) qui a toujours signifi\u00e9 la mort.<\/p>\n<p>Dans toutes les mythologies, les figures f\u00e9minines sont les tisseuses de vie et de mort, les ma\u00eetresses du temps, dans l&#8217;imaginaire du primitif comme dans celui de l&#8217;enfant, et c&#8217;est toujours sur la femme que se d\u00e9charge la culpabilit\u00e9 du p\u00e9ch\u00e9 originel, parce que c&#8217;est sur elle que se projettent les besoins d&#8217;autonomie de chacun et que se vit comme sienne la culpabilit\u00e9 d&#8217;avoir provoqu\u00e9 l&#8217;\u00e9tat symbiotique, parfait et pl\u00e9omatique du d\u00e9but \u00e0 la fin.<\/p>\n<p>On retrouve \u00e9galement dans cette l\u00e9gende, bien que d\u00e9form\u00e9e aujourd&#8217;hui, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du r\u00e9cit de la cr\u00e9ation, celui de la vie apr\u00e8s la mort et de la possibilit\u00e9 de renaissance. On y trouve, en effet, comme dans beaucoup d&#8217;autres mythes, une descente aux enfers pendant une certaine p\u00e9riode (les quatre jours de la mort), avant le d\u00e9but de la vraie vie.<a id=\"_ftnref8\" href=\"#_ftn8\"><sup>[8]<\/sup><\/a><\/p>\n<p>Dans l&#8217;histoire de tous les peuples de la terre, nous pouvons voir comment, \u00e0 l&#8217;av\u00e8nement du patriarcat, les divinit\u00e9s masculines sont issues des divinit\u00e9s f\u00e9minines les plus anciennes. Mais nous verrons aussi qu&#8217;il n&#8217;y a rien de tel que la figure de Marie, qui diff\u00e8re de tout le reste, ne r\u00e9p\u00e8te aucune autre mythologie, mais est la v\u00e9ritable histoire.<\/p>\n<p>En effet, \u00e0 partir du moment o\u00f9 na\u00eet le patriarcat, \u00e0 partir de l&#8217;\u00e9mergence de l&#8217;ind\u00e9termination \u00e9touffante du fils vis-\u00e0-vis de la m\u00e8re, que l&#8217;on voit surgir \u00e0 un certain moment de l&#8217;histoire, lorsque les membres du sexe masculin se lib\u00e8rent de la figure maternelle et prennent le relais, on assiste \u00e0 la naissance des premi\u00e8res divinit\u00e9s masculines. Et tous sont n\u00e9s d&#8217;une d\u00e9esse m\u00e8re du commencement, comme Larth, le roi sacr\u00e9 des \u00c9trusques, fils de la d\u00e9esse m\u00e8re Uni, d\u00e9tentrice du pouvoir supr\u00eame et de la premi\u00e8re autorit\u00e9, dont descendaient aussi les Lari.<\/p>\n<p>Uni, la m\u00e8re de tous les dieux, dont d\u00e9rive la Iuno romaine, Junon, \u00e9tait la premi\u00e8re, la seule, l&#8217;origine, la grande m\u00e8re des \u00c9trusques, le parent universel, la protectrice de l&#8217;accouchement, la dispensatrice du pouvoir maternel et nourricier destin\u00e9 aux cr\u00e9atures vivantes pour leur prosp\u00e9rit\u00e9 et leur croissance.<\/p>\n<p>C&#8217;\u00e9tait le cas d&#8217;Atum pour les \u00c9gyptiens. Atum \u00e9tait le seul fils engendr\u00e9 par Nun (divinit\u00e9 f\u00e9minine repr\u00e9sentant l&#8217;eau primordiale et obscure de la non-existence, ce qui \u00e9tait avant la cr\u00e9ation, la d\u00e9esse m\u00e8re omnipr\u00e9sente du commencement). Atum \u00e9tait associ\u00e9 \u00e0 la terre, car il \u00e9tait n\u00e9 d&#8217;une colline \u00e9mergeant des eaux, et \u00e9tait le p\u00e8re de tous les autres dieux. Sa main \u00e9tait elle-m\u00eame une divinit\u00e9, la m\u00e8re de la cr\u00e9ation, et on lui a donn\u00e9 l&#8217;appellation de &#8220;la m\u00e8re qui est le p\u00e8re&#8221;.<\/p>\n<p>Les hommes prennent le pouvoir et la domination sur les femmes, ils cr\u00e9ent des divinit\u00e9s masculines, mais derri\u00e8re elles, il y a toujours des divinit\u00e9s f\u00e9minines. Le pouvoir terrible, secret et li\u00e9 \u00e0 l&#8217;eau de la divinit\u00e9 f\u00e9minine ne dispara\u00eetra jamais compl\u00e8tement et continuera d&#8217;exister, repr\u00e9sent\u00e9 par un lac sacr\u00e9, souvent pr\u00e9sent dans les lieux de culte. Tr\u00e8s int\u00e9ressante \u00e0 cet \u00e9gard \u00e9tait la croyance, \u00e0 l&#8217;origine de la crainte, toujours vivace chez les \u00c9gyptiens, qu&#8217;\u00e0 un moment donn\u00e9, Nun, qui apr\u00e8s la cr\u00e9ation n&#8217;avait pas disparu, mais avait entour\u00e9 le firmament c\u00e9leste et gard\u00e9 le soleil, la lune, le ciel et la terre, ainsi que les fronti\u00e8res du monde souterrain, pourrait briser le ciel et tomber, d\u00e9vastant le monde.<\/p>\n<p>Le souvenir de cette divinit\u00e9 \u00e9gyptienne exprime de la fa\u00e7on la plus claire l&#8217;image des divinit\u00e9s f\u00e9minines primitives, identifi\u00e9es \u00e0 l&#8217;eau, \u00e0 la vapeur, etc., qui continuent d&#8217;exister m\u00eame apr\u00e8s l&#8217;av\u00e8nement des nouvelles divinit\u00e9s patriarcales comme une m\u00e8re enveloppante, maintenant d\u00e9pass\u00e9e, mais encore tr\u00e8s puissante. Il semblerait, \u00e0 ce stade, que la peur de leur pouvoir et de leur int\u00e9gralit\u00e9 subsiste \u00e0 cause de la culpabilit\u00e9 des hommes qui se sont appropri\u00e9s par la force le pouvoir primitif des femmes.<\/p>\n<p>Une autre documentation de ce passage et de sa violence nous vient de l&#8217;\u00e9tude de Fromm sur la trilogie de Sophocle, notamment dans le dernier livre. Son analyse nous montre que la lutte contre l&#8217;autorit\u00e9 paternelle en est le c\u0153ur et que cette r\u00e9bellion trouve ses racines dans l&#8217;ancien conflit entre les syst\u00e8mes patriarcaux et matriarcaux de la soci\u00e9t\u00e9. \u0152dipe, comme Aemon et Antigone, repr\u00e9sente le principe matriarcal ; ils se rebellent contre un ordre social et religieux fond\u00e9 sur les pouvoirs et les privil\u00e8ges du p\u00e8re, incarn\u00e9 par La\u00efos et Cr\u00e9on.<\/p>\n<p>&#8220;<em>Le conflit entre ces deux principes se d\u00e9veloppe au cours de la trag\u00e9die. Antigone insiste sur le fait que les lois auxquelles elle ob\u00e9it ne sont pas celles des dieux de l&#8217;Olympe : &#8220;Car ce n&#8217;est pas d&#8217;aujourd&#8217;hui, ni d&#8217;hier, qu&#8217;elles vivent : elles sont \u00e9ternelles, et inconnu de tous est le temps o\u00f9 elles ont \u00e9t\u00e9 sanctionn\u00e9es&#8221; ; et, pourrait-on ajouter, la loi de l&#8217;enterrement, du retour du corps \u00e0 la Terre M\u00e8re, est pr\u00e9cis\u00e9ment enracin\u00e9e dans la religion matriarcale. Antigone repr\u00e9sente la solidarit\u00e9 humaine et le principe de l&#8217;amour maternel universel&#8230;&#8230;.Pour Cr\u00e9on, la d\u00e9f\u00e9rence envers l&#8217;autorit\u00e9 est la valeur supr\u00eame&#8230;&#8230;..L&#8217;autorit\u00e9 dans la famille et l&#8217;autorit\u00e9 dans l&#8217;\u00c9tat sont les deux valeurs supr\u00eames interd\u00e9pendantes d\u00e9fendues par Cr\u00e9on. Les enfants sont la propri\u00e9t\u00e9 de leurs p\u00e8res et leur fonction est d&#8217;\u00eatre &#8220;utiles&#8221; \u00e0 leur p\u00e8re. La &#8220;patria potestas&#8221; dans la famille est la base du pouvoir du souverain dans l&#8217;\u00c9tat ; les citoyens sont la propri\u00e9t\u00e9 de l&#8217;\u00c9tat et de son souverain, et &#8220;l&#8217;indiscipline est le plus grand des maux&#8221;. &#8230;&#8230;&#8230;. Les deux principes ont maintenant \u00e9t\u00e9 mis en \u00e9vidence avec la plus grande clart\u00e9, et la conclusion de la trag\u00e9die conduit simplement l&#8217;action au point de la d\u00e9cision finale. Cr\u00e9on fait enterrer Antigone vivante dans une grotte, ce qui est une nouvelle expression symbolique de son lien avec les d\u00e9esses de la terre.<\/em>.&#8221;<a id=\"_ftnref9\" href=\"#_ftn9\"><br \/>\n  <sup>[9]<\/sup><br \/>\n<\/a><\/p>\n<p>On ne peut plus se soumettre au pouvoir maternel et f\u00e9minin. C&#8217;est pourquoi Adam est puni, et Eve avec lui. Mais c&#8217;est Adam qui a c\u00e9d\u00e9 \u00e0 la curiosit\u00e9 d&#8217;Eve, qui a acquiesc\u00e9 aux mauvais conseils du serpent. Il ne s&#8217;est pas montr\u00e9 digne de la confiance du Seigneur, il a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 suivre les conseils d&#8217;une femme, celle qui avait jusqu&#8217;alors d\u00e9tenu le pouvoir absolu et qui, une fois de plus, a essay\u00e9 de le s\u00e9duire avec ses moyens de s\u00e9duction, li\u00e9s \u00e0 la terre et non au ciel, li\u00e9s aux instincts, aux d\u00e9sirs sexuels et mat\u00e9riels et non \u00e0 ceux de la loyaut\u00e9 envers le p\u00e8re, qui sont typiques et fondamentaux dans un r\u00e9gime patriarcal.<\/p>\n<p>C&#8217;est \u00e0 partir de l\u00e0 que l&#8217;homme a cr\u00e9\u00e9 les deux images dichotomiques du f\u00e9minin qui reste li\u00e9 \u00e0 la terre, \u00e0 la sexualit\u00e9, \u00e0 l&#8217;attente, et du masculin qui s&#8217;\u00e9l\u00e8ve vers le ciel, l&#8217;intellect, la conqu\u00eate de nouveaux espaces.<\/p>\n<p>Mais elle restera toujours la femme qui reliera l&#8217;humain au divin, qui servira de pont entre la terre et le ciel. Elle restera toujours la femme qui donne la vie \u00e0 ses enfants et les \u00e9l\u00e8ve, sacrifiant son temps pour leur donner le temps de vivre. Et ce sera la femme qui restera ma\u00eetre du temps, son corps le marquant inexorablement.<\/p>\n<p>Comme l&#8217;explique Jaqueline Barthes dans son int\u00e9ressant article &#8220;<em>Nous avons d\u00e9couvert les liens surprenants de la femme avec l&#8217;univers, avec le temps, avec ce qui nous d\u00e9passe, [&#8230;] nous avons d\u00e9couvert une pr\u00e9disposition &#8220;structurelle&#8221; \u00e0 l&#8217;amour dans sa version du &#8220;don de soi&#8221;, une solidarit\u00e9 non seulement avec l&#8217;univers, mais aussi avec ce qui nous attire, tout en restant fondamentalement myst\u00e9rieux pour nous. Et cela fonde en elle l&#8217;incapacit\u00e9 de s\u00e9parer les deux dimensions de notre \u00eatre, sa dimension corporelle et sa dimension spirituelle.&#8221;  <\/em> <a id=\"_ftnref10\" href=\"#_ftn10\"><sup>[10]<\/sup><\/a><\/p>\n<p>Dans ce m\u00eame sens du f\u00e9minin, la figure de Marie nous appara\u00eet.<\/p>\n<p>Maria acquiesce, accueille. Elle n&#8217;est pas effray\u00e9e lorsque l&#8217;ange lui parle. Elle sait d\u00e9j\u00e0, elle sent d\u00e9j\u00e0 qu&#8217;une nouvelle vie se forme dans son corps et elle l&#8217;aime d\u00e9j\u00e0. Il n&#8217;a pas peur.<\/p>\n<p>Elle \u00e9l\u00e8vera son fils en sachant qu&#8217;il n&#8217;est pas \u00e0 elle, qu&#8217;elle n&#8217;est qu&#8217;un conduit entre le ciel et la terre, entre le divin et l&#8217;humain, elle convaincra Joseph, et Joseph croira parce qu&#8217;il sent que ce qu&#8217;elle dit est vrai.<\/p>\n<p>L&#8217;image du f\u00e9minin, du f\u00e9minin comme dirait Teilhard, c&#8217;est \u00e7a, et \u00e7a reste \u00e0 travers les si\u00e8cles, \u00e0 travers les mill\u00e9naires. C&#8217;est la m\u00eame chose que nous retrouvons encore aujourd&#8217;hui, peut-\u00eatre juste un peu modifi\u00e9e dans les nouvelles g\u00e9n\u00e9rations, o\u00f9 les r\u00f4les masculins et f\u00e9minins sont plus interchangeables.<\/p>\n<p>Mais tant que c&#8217;est le corps de la femme qui accueille la nouvelle vie et que c&#8217;est \u00e0 elle de la faire grandir et de la nourrir, ces caract\u00e9ristiques demeureront.<\/p>\n<p>D&#8217;autre part, m\u00eame dans les r\u00e9f\u00e9rences figuratives d&#8217;aujourd&#8217;hui, chaque image de la Vierge \u00e0 l&#8217;enfant n&#8217;est-elle pas \u00e0 nouveau le symbole de l&#8217;offrande de soi, de son corps pour l&#8217;autre, de l&#8217;attente des besoins des autres, de la capacit\u00e9 \u00e0 s&#8217;identifier, \u00e0 comprendre les besoins de l&#8217;enfant ?<\/p>\n<p>Et Marie n&#8217;est pas une divinit\u00e9, c&#8217;est une simple et humble jeune fille. Personne ne la conna\u00eet. Seul Dieu la voit et la choisit pour ses dons d&#8217;humilit\u00e9, de foi et de condescendance.<\/p>\n<p>Trois fois dans l&#8217;\u00c9vangile de Luc, nous trouvons cette phrase tr\u00e8s douce et extr\u00eamement significative :<em>&#8220;Marie, elle, gardait toutes ces choses, les m\u00e9ditant dans son c\u0153ur<\/em>&#8220;. (Lc 2,19 &#8211; 1,66 &#8211; 2,51)<\/p>\n<p>Marie est une femme, humaine, qui accueille un fils humain, sachant toutefois qu&#8217;il est le fils de Dieu. Il a peur, bien s\u00fbr, mais il croit, il accepte, et il tient bon, attendant ce qui va arriver. Il reste dans l&#8217;ombre, mais est une r\u00e9f\u00e9rence tr\u00e8s importante, surtout pour l&#8217;enfant J\u00e9sus.<\/p>\n<p>Puissante image du f\u00e9minin qui transcende le temps et nous conduit \u00e0 Dieu.<\/p>\n<p><em>&#8220;Plac\u00e9e entre Dieu et la terre, comme un lieu d&#8217;attraction commune, je les fais venir l&#8217;un vers l&#8217;autre passionn\u00e9ment&#8230;. pour qu&#8217;ait lieu en moi la rencontre dans laquelle se consomme, \u00e0 travers les \u00e2ges, la naissance et la pl\u00e9nitude du Christ. [&#8230;] Je suis l&#8217;\u00c9ternel F\u00e9minin<\/em>&#8220;.<a id=\"_ftnref11\" href=\"#_ftn11\"><sup>[11]<\/sup><\/a><\/p>\n<p>Et nous savons, et nous disposons de documents fiables, que c&#8217;est toujours la figure maternelle qui, en premier lieu, rapproche l&#8217;enfant du besoin de transcendance, de la recherche et de la connaissance de Dieu. Si la m\u00e8re enseigne \u00e0 prier, enseigne \u00e0 faire confiance, \u00e0 croire en J\u00e9sus et en son amour, la relation avec la pri\u00e8re et avec Dieu restera dans l&#8217;esprit des enfants toute leur vie. Il y aura des moments d&#8217;\u00e9loignement ou de rejet, mais cette nourriture donn\u00e9e avec le lait et l&#8217;amour maternel, tangible et pr\u00e9sent, sera un bon refuge, une bonne ressource et un bon espoir pour toute l&#8217;existence.<\/p>\n<p>C&#8217;est donc le f\u00e9minin qui non seulement accueille, mais est capable d&#8217;enseigner, de motiver, de comprendre, peut-\u00eatre m\u00eame de pr\u00e9sager (une sensibilit\u00e9 suppl\u00e9mentaire reconnue par tous). Dans l&#8217;\u00c9vangile de Matthieu (Matthieu 28, 20), les premi\u00e8res \u00e0 apprendre la r\u00e9surrection sont les deux Marie, qui s&#8217;\u00e9taient rendues au tombeau. C&#8217;est leur fid\u00e9lit\u00e9, leur pr\u00e9sence humble, docile, silencieuse, mais absolument constante, qui ne se d\u00e9ment jamais, qui est r\u00e9compens\u00e9e par les paroles de l&#8217;ange. &#8220;<em>N&#8217;ayez pas peur ! Je sais que vous cherchez J\u00e9sus crucifi\u00e9. Ce n&#8217;est pas ici. Il est ressuscit\u00e9 comme il l&#8217;a dit ; venez et voyez&#8230;.&#8221;<\/em><\/p>\n<p>C&#8217;est pourquoi Marie de Magdala a \u00e9t\u00e9 appel\u00e9e au Moyen-\u00c2ge &#8220;l&#8217;ap\u00f4tre des ap\u00f4tres&#8221;, parce que, avec l&#8217;autre Marie, elle \u00e9tait au tombeau quand l&#8217;ange est arriv\u00e9 et l&#8217;avait vu en premier, et c&#8217;est \u00e0 elle que l&#8217;ange avait parl\u00e9. Elle a \u00e9t\u00e9 la premi\u00e8re \u00e0 le savoir. Conna\u00eetre le Ressuscit\u00e9. Pour d\u00e9couvrir que le tombeau \u00e9tait vide.<\/p>\n<p>C&#8217;est \u00e0 elle que l&#8217;ange annonce la grande joie, c&#8217;est elle qui est invit\u00e9e \u00e0 courir vers les autres ap\u00f4tres pour annoncer la r\u00e9surrection.<\/p>\n<hr>\n<p>[<a id=\"_ftn1\" href=\"#_ftnref1\">1]<\/a> P. Teilhard de Chardin, Les orientations du futur, SEI, Turin, 1996, p. 1. 83<\/p>\n<p>[<a id=\"_ftn2\" href=\"#_ftnref2\">2]<\/a> <em>Ibid<\/em>., p. 84<\/p>\n<p>[<a id=\"_ftn3\" href=\"#_ftnref3\">3]<\/a> <em>Ibid<\/em>. p. 84<\/p>\n<p><a id=\"_ftn4\" href=\"#_ftnref4\">[4]<\/a>Neumann E. , <em>Histoire des origines de la conscience<\/em>, Astrolabe, Rome, 1978 (Zurich 1949), p. 55<\/p>\n<p>Comme si la mati\u00e8re, avant de pouvoir &#8221; psycher &#8220;, &#8221; r\u00e9fl\u00e9chir &#8220;, sentir, avait une sorte de m\u00e9moire \u00e0 la fois du n\u00e9ant, du chaos dont elle \u00e9tait issue, et de l&#8217;Un, de la Force qui l&#8217;avait organis\u00e9e et la rendait consciente.<\/p>\n<p><a id=\"_ftn5\" href=\"#_ftnref5\">[5]<\/a>Calvetti A.  <em>Aux origines des mythes, contes de f\u00e9es et l\u00e9gendes. Th\u00e9od\u00e9ric et autres protagonistes<\/em>Longo, Ravenne, 1995<\/p>\n<p>[<a id=\"_ftn6\" href=\"#_ftnref6\">6]<\/a> M. Zani, <em>Vivre la vie<\/em>, MEF, Florence, 2006.<\/p>\n<p>[<a id=\"_ftn7\" href=\"#_ftnref7\">7]<\/a> Sur la signification chr\u00e9tienne de l&#8217;\u00e9volution et des similitudes des mythes et l\u00e9gendes chez tous les peuples de la terre, cf. M. Zaoli,<em>&#8220;Un apporto psicologico alla teoria di Pierre Teilhard de Chardin<\/em>&#8220;, Teilhard aujourd&#8217;hui, Quaderni, Turin 2014, M. Zaoli, <em>Dalla fiaba al rito dal mito all&#8217;inconscio<\/em>, Panozzo, Rimini, 2002<\/p>\n<p>[<a id=\"_ftn8\" href=\"#_ftnref8\">8]<\/a> Sur ce point \u00e9galement, cf. M. Zaoli,  <em>Du conte de f\u00e9es au rituel, du mythe \u00e0 l&#8217;inconscient<\/em>Panozzo, Rimini, 2002, o\u00f9 l&#8217;on souligne comment il semble que l&#8217;inconscient &#8220;sache&#8221; d\u00e9j\u00e0 pour quel destin nous avons \u00e9t\u00e9 choisis (cf. saint Paul), comme si le souffle de vie du souffle divin (Gen\u00e8se 2, 7) re\u00e7u au d\u00e9but maintenait dans la mati\u00e8re une m\u00e9moire de son pass\u00e9 et de son avenir.<\/p>\n<p>[<a id=\"_ftn9\" href=\"#_ftnref9\">9]<\/a> Fromm E., <em>La langue oubli\u00e9e<\/em>, Bompiani, p. 192.<\/p>\n<p><a id=\"_ftn10\" href=\"#_ftnref10\">[10]<\/a>Jaqueline Barthes, \u00c0 propos du myst\u00e8re f\u00e9minin, Teilhard auojurd&#8217;hui 14 &#8211; f\u00e9vrier 2014, p. 49<\/p>\n<p><a id=\"_ftn11\" href=\"#_ftnref11\">[11]<\/a>  P. Teilhard de Chardin, Les orientations du futur, SEI, Turin, 1996, p. 85<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","categories":[],"autori":[],"pubblicazioni_folder":[],"class_list":["post-7825","pubblicazioni","type-pubblicazioni","status-publish","hentry"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v25.8 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Le f\u00e9minin des origines - CENTRO STUDI \u201cTeilhard de Chardin per il futuro dell\u2019uomo\u201d<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/teilhard.eu\/fr\/pubblicazioni\/il-femminile-delle-origini-1\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Le f\u00e9minin des origines - CENTRO STUDI \u201cTeilhard de Chardin per il futuro dell\u2019uomo\u201d\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"par Marina Zaoli La v\u00e9ritable image du f\u00e9minin originel, qui devient elle-m\u00eame symbolique, et donc repr\u00e9sentative, est peut-\u00eatre un monument sacr\u00e9, grav\u00e9 dans une niche en pierre, situ\u00e9 en Chine, aux fronti\u00e8res du Tibet, dans la r\u00e9gion du Yunnan (yun = nuage, nan = sud). 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